L’Islande a la réputation d’un pays cher. Elle est méritée. Manger au restaurant tous les soirs dans un pays où un burger peut facilement dépasser les 20 euros, ça chiffre vite. Mais beaucoup de voyageurs rentrent en ayant bien mangé sans s’être ruinés, parce qu’ils ont adapté leur façon de faire dès le départ.
Ce n’est pas une question de bons plans secrets. C’est surtout une question de réflexes simples à acquérir avant de partir.
Comment manger pas cher sans tomber dans les attrape-touristes
Le piège classique en Islande, c’est de manger là où c’est facile : les restaurants autour de la place principale de Reykjavik, les snack-bars sur la Ring Road, les cafés d’hôtel inclus par défaut dans une demi-pension mal négociée.
Ces endroits ne sont pas mauvais. Ils sont juste chers pour ce qu’ils proposent.
Le premier réflexe utile : cuisiner, au moins en partie. La grande majorité des hébergements en Islande (auberges de jeunesse, guesthouses, appartements en location) disposent d’une cuisine partagée ou privée. Les supermarchés islandais, en particulier Bónus et Krónan, proposent des produits de base à des prix nettement plus abordables que les restaurants. Pain, œufs, conserves, produits laitiers locaux : on peut composer des repas corrects sans chercher midi à quatorze heures.
Ce n’est pas glamour, mais le voyage y gagne. Une matinée avec des provisions faites la veille, c’est aussi une liberté logistique réelle sur la route.
Le deuxième réflexe : repérer les menus du midi. En Islande comme dans beaucoup de pays nordiques, certains restaurants proposent un plat du jour à l’heure du déjeuner, souvent moins cher que le même plat le soir. C’est le moment idéal pour s’offrir un vrai repas chaud sans exploser le budget.
Les quartiers et secteurs à regarder en priorité
Reykjavik concentre la quasi-totalité des options. C’est la seule vraie ville du pays, et elle mérite qu’on y passe du temps pour bien préparer le reste du séjour.
Dans le centre, la rue Laugavegur et ses alentours concentrent une bonne partie de l’offre : du très touristique au plus local. Il faut juste regarder les menus affichés à l’extérieur avant d’entrer, ce que beaucoup de gens ne font pas.
Les rues légèrement en retrait du centre touristique offrent souvent de meilleures options pour le rapport qualité-prix. Les boulangeries locales, par exemple, permettent de déjeuner convenablement pour peu. Les hot-dogs islandais – vendus dans des stands historiques de la ville – sont devenus un cliché, mais restent l’une des options les plus abordables et honnêtement satisfaisantes du pays.
Hors de Reykjavik, les options se réduisent rapidement. Sur la Ring Road, les petites villes comme Akureyri ou Vik ont quelques adresses correctes, mais le choix est limité. Plus on s’éloigne des centres, plus les distances entre les points de ravitaillement augmentent. Prévoir des provisions dans la voiture n’est pas un luxe sur certains tronçons, c’est une nécessité.
Types d’adresses à privilégier selon le moment de la journée
Le matin : Les boulangeries et cafés locaux fonctionnent bien pour le petit-déjeuner. Éviter les buffets d’hôtel inclus au prix fort quand ils ne sont pas compris dans la réservation – le calcul est rarement favorable.
Le midi : C’est le meilleur moment pour s’asseoir dans un vrai restaurant. Les menus déjeuner existent, ils changent souvent d’un jour à l’autre, et c’est une bonne façon de goûter la cuisine locale – soupes, plats de poisson, agneau – sans payer le tarif du soir.
Le soir : Soit on cuisine, soit on arbitre. Certaines adresses de street food ou de restauration rapide locale permettent de bien manger le soir pour un budget raisonnable. Les pizzas, les bowls, les plats à emporter se trouvent facilement à Reykjavik. La question à se poser avant d’entrer dans un restaurant le soir : est-ce que l’ambiance vaut le surcoût ? Parfois oui. Parfois c’est juste le même plat, plus cher.
Budget, réservation et erreurs à éviter
Ce qui fait vraiment gonfler la note
Les boissons. En Islande, l’alcool est cher, les sodas aussi. Boire de l’eau du robinet – qui est excellente dans tout le pays – est un réflexe simple qui change beaucoup sur une semaine.
Les snacks à la station-service. Pratiques, accessibles, mais avec un rapport prix-qualité difficile à défendre. Mieux vaut anticiper les longues routes avec quelques achats au supermarché.
Les restaurants des zones très touristiques autour des grandes attractions (cascades, geysers, côte sud). Plus l’endroit est fréquenté, plus les prix montent. C’est mécanique.
Sur la réservation
Réserver à l’avance pour manger n’est pas toujours nécessaire, sauf dans les adresses qui ont clairement une réputation et peu de couverts. À Reykjavik en haute saison (de mai à août environ), certains restaurants populaires affichent complet. Dans les petites villes de la Ring Road, la question se pose moins.
Les erreurs classiques
Partir sans provisions pour la route. Sur certains tronçons, les stations-service sont les seuls points de ravitaillement pendant de longues distances. Mieux vaut savoir ça avant de partir.
Sous-estimer les horaires. Certains commerces ferment tôt ou ouvrent tardivement selon les saisons et les régions. En dehors de Reykjavik, ne pas supposer qu’on trouvera facilement quelque chose d’ouvert à n’importe quelle heure.
Miser uniquement sur les applications de réservation. Elles donnent des idées, mais certaines adresses locales n’y figurent pas ou ont des informations périmées. Un contrôle direct des horaires et de la disponibilité évite les détours inutiles.
FAQ
Est-ce qu’on peut vraiment manger pas cher en Islande ?
Oui, si on adapte son mode de fonctionnement. Pas en trouvant des restaurants moins chers que la moyenne, mais en combinant courses au supermarché, plats du midi et street food. Un voyageur qui cuisine la moitié de ses repas dépensera beaucoup moins qu’un voyageur qui mange uniquement au restaurant.
Quels supermarchés choisir ?
Bónus est généralement cité comme l’option la plus abordable. Krónan est aussi une bonne alternative. Ces enseignes ont des rayons produits locaux intéressants, notamment les produits laitiers islandais (le skyr en particulier). Les petites épiceries de proximité coûtent souvent plus cher : à utiliser en dépannage.
Le poisson est-il abordable en Islande ?
Pas toujours au restaurant. Paradoxalement, dans un pays de pêche, le poisson servi au restaurant reste onéreux parce qu’il bénéficie d’une forte demande touristique. Au supermarché, les produits de la mer sont plus accessibles.
Faut-il laisser un pourboire ?
Le service est inclus dans l’addition en Islande. Laisser un pourboire n’est pas attendu, même si un geste reste apprécié. Ce n’est pas un poste de dépense à prévoir dans son budget.
Y a-t-il des options végétariennes ou vegan ?
Oui, surtout à Reykjavik. L’offre végétarienne et vegan a progressé ces dernières années dans la capitale. Hors de Reykjavik, le choix se réduit notablement : prévoir des alternatives en autonomie si c’est un critère important.
Ce qu’on retient avant de partir
Manger pas cher en Islande, ça se prépare. Ce n’est pas une question de chance ou de bons plans introuvables. C’est surtout une question d’organisation : savoir où faire ses courses, garder le restaurant du soir pour les moments qui le méritent vraiment, et ne pas partir sur la route sans provisions.
Le reste, c’est du voyage. Et le voyage islandais a suffisamment à offrir pour ne pas passer son séjour à surveiller chaque addition.
Pour aller plus loin sur l’organisation du séjour, les restaurants et adresses et les pages destinations de Voyager Monde donnent des pistes utiles selon les régions et les types de voyage.