Interlaken, c’est une ville qui impressionne avant même d’avoir posé ses bagages. Coincée entre deux lacs, avec les sommets de l’Oberland bernois en toile de fond, elle donne l’impression d’être au centre de tout. Et c’est un peu vrai.
Le problème, c’est que cette position centrale attire beaucoup de monde, génère beaucoup de listes, et produit des itinéraires tellement chargés qu’on finit par rentrer épuisé sans avoir vraiment profité de quoi que ce soit. Cet article essaie d’éviter ça : donner un aperçu honnête de ce qu’on peut faire, de ce qui vaut vraiment le détour, et de ce qu’on peut raisonnablement laisser tomber.
Ce qu’Interlaken représente vraiment comme étape
Interlaken fonctionne surtout comme base. Ce n’est pas une ville à "visiter" au sens classique du terme : pas de vieille ville labyrinthique, pas de musée qui change une vie. Ce qu’elle offre, c’est un point de départ extraordinairement bien placé pour rayonner vers Grindelwald, Lauterbrunnen, Mürren, la Jungfrau.
Autrement dit, si on s’installe ici en attendant de "faire Interlaken", on risque d’être déçu. Si on l’utilise comme camp de base pour explorer l’Oberland, ça devient une évidence.
C’est le genre de destination qui rassure vite, surtout quand on prépare un premier séjour en Suisse : les transports fonctionnent, l’anglais passe partout, et tout se trouve facilement. Ce confort a un prix – littéralement – mais il enlève beaucoup de friction au voyage.
Les incontournables autour d’Interlaken
La Jungfrau et le Jungfraujoch
C’est l’excursion phare de la région. Le train à crémaillère monte jusqu’au "toit de l’Europe", une station perchée à plus de 3 400 mètres d’altitude, avec vue sur l’Aletsch, le plus grand glacier des Alpes.
Quelques points à garder en tête avant de réserver :
- Le trajet dure plusieurs heures aller-retour. Prévoir une journée entière.
- Le prix est élevé, clairement. Il existe des tarifs réduits selon la saison et la provenance – ça vaut la peine de chercher avant de partir.
- La météo change vite. Regarder les prévisions le matin même reste la meilleure stratégie.
- En altitude, il fait froid même en été. Une couche chaude, même légère, s’impose.
Si le budget est serré, Kleine Scheidegg ou Männlichen offrent des panoramas comparables à une fraction du prix.
Grindelwald
Moins d’une heure depuis Interlaken en train. Le village est plus vivant qu’il n’y paraît sur les photos : épiceries, cafés, sentiers de randonnée accessibles dès la gare, et le Eiger juste en face.
Pour ceux qui veulent randonner sans passer deux heures dans les remontées mécaniques, c’est probablement le meilleur point de départ de la région.
Lauterbrunnen et ses cascades
La vallée de Lauterbrunnen mérite absolument le déplacement. Les chutes de Staubbach, visibles depuis le village, sont impressionnantes par leur hauteur. La cascade de Trümmelbach, elle, se visite à l’intérieur de la montagne : un réseau de grottes traversé par les eaux de fonte des glaciers. Une expérience un peu étrange, et honnêtement assez mémorable.
Mürren et Gimmelwald
Ces deux villages, accessibles uniquement à pied ou en téléphérique (pas de voiture), offrent ce que beaucoup cherchent dans les Alpes : calme, vues dégagées, peu de touristes. Mürren en particulier est bien équipé avec quelques hébergements et restaurants. Gimmelwald est encore plus petit, encore plus tranquille.
Ce n’est pas une excursion express. Il vaut mieux y passer du temps que d’y faire un aller-retour en deux heures.
Schynige Platte
Moins fréquente que les autres sommets, cette crête est accessible par un train à crémaillère historique depuis Wilderswil, à quelques minutes d’Interlaken. Vue sur les deux lacs et les Alpes, jardin alpin, sentiers de randonnée. Une bonne alternative si les grandes excursions sont bondées ou si le budget commence à peser.
Ce qu’on peut faire à Interlaken même
Le Höheweg
L’avenue centrale d’Interlaken, longue et bordée de commerces, hôtels et terrasses. On s’y retrouve naturellement en fin de journée. La vue sur la Jungfrau depuis la grande prairie centrale (la Höhematte) fonctionne mieux que prévu.
Les sports d’aventure
Interlaken s’est bâti une réputation sérieuse dans ce domaine. Parapente, saut à l’élastique, canyoning, rafting : l’offre est dense, les opérateurs sont nombreux. Le piège habituel, c’est de réserver à la dernière minute en pleine saison – mieux vaut anticiper.
Pour le parapente biplace, les vols au départ de Beatenberg ou de Grindelwald sont parmi les plus prisés de Suisse. La durée et le prix varient selon les prestataires. Les conditions d’annulation doivent être lues avant de payer.
Les lacs : Thoune et Brienz
Le lac de Brienz, à l’est, est connu pour sa couleur turquoise – particulièrement en fin de matinée quand la lumière est bonne. On peut le longer en bateau depuis Brienz, visiter le village de Bönigen ou simplement s’asseoir en bord de rive.
Le lac de Thoune, à l’ouest, est plus grand et plus animé. Le château de Thoune vaut l’arrêt si on pousse jusqu’à la ville.
Des liaisons en bateau existent entre plusieurs points des deux lacs. Les horaires et conditions de réservation se consultent directement auprès des compagnies de navigation, car ils varient selon la saison.
Le musée du folklore bernois (Ballenberg)
À une vingtaine de minutes d’Interlaken, ce musée en plein air reconstitue des bâtiments ruraux traditionnels de différentes régions de Suisse. C’est vaste – vraiment vaste – et ça demande une demi-journée minimum. Pas indispensable si le programme est déjà chargé, mais utile si on cherche à comprendre quelque chose de la Suisse au-delà des panoramas alpins.
Comment se déplacer depuis Interlaken
Le train est la colonne vertébrale de la région. Grindelwald, Lauterbrunnen, Grindelwald terminal, Kleine Scheidegg : tout se fait depuis les deux gares d’Interlaken (Ost et West). Les horaires sont réguliers, les connexions bien pensées.
Le Swiss Travel Pass couvre une grande partie du réseau, y compris les transports publics lacustres. Selon la durée et le nombre d’excursions prévues, il peut être rentable ou non – la comparaison avec les tickets individuels reste à faire au cas par cas.
La voiture n’est pas nécessaire, et franchement peu utile dans certaines vallées où elle est simplement interdite. Pour Mürren ou Gimmelwald, on la laisse à Stechelberg.
Conseils pratiques avant de partir
Réserver les grandes excursions à l’avance. La Jungfrau, le parapente, les nuits en altitude : en haute saison, ça se remplit vite.
Regarder la météo chaque matin. Les sommets peuvent être dans les nuages alors qu’Interlaken est ensoleillé. Les opérateurs de la Jungfrau affichent généralement les conditions en temps réel.
Prendre en compte l’altitude. Même sans symptômes marqués, certaines personnes ressentent une légère fatigue ou des maux de tête à plus de 3 000 mètres. Monter doucement reste une bonne idée.
Prévoir des chaussures adaptées. Même pour des balades courtes sur les sentiers alpins, des chaussures avec de l’accroche changent vraiment le confort de la journée.
Ne pas remplir chaque journée. Le piège, avec une région aussi bien desservie, c’est de tout vouloir cocher. Les voyages qui laissent un peu de temps libre au milieu laissent aussi de meilleurs souvenirs.
FAQ : questions fréquentes sur Interlaken
Combien de jours faut-il pour visiter Interlaken et la région ? Trois à cinq jours permettent de combiner quelques excursions sans se précipiter. Moins, c’est possible, mais on fait des choix serrés.
Faut-il réserver son hébergement longtemps à l’avance ? En juillet-août et en hiver lors de la saison de ski, les hébergements partent vite, surtout dans la gamme intermédiaire. Anticiper d’un à deux mois n’est pas excessif.
Interlaken est-il adapté aux voyageurs seuls ? Oui, facilement. La ville est simple à prendre en main, les déplacements en transports publics sont sans difficulté, et les activités d’aventure s’adressent autant aux groupes qu’aux individuels.
Quelle est la meilleure saison pour y aller ? Juin-septembre pour la randonnée et les excursions en altitude. Décembre-mars pour le ski (surtout depuis Grindelwald et les stations voisines). Les intersaisons sont plus calmes mais certaines remontées mécaniques peuvent être fermées.
Peut-on visiter sans voiture ? Tout à fait. Le réseau de trains et de bateaux couvre l’essentiel. Une voiture n’apporte pas grand avantage dans cette région.
Interlaken n’est pas le genre de ville où on traîne des heures en cherchant un café de quartier hors des sentiers battus. Elle est conçue pour le transit et l’excursion, et elle le fait bien. L’utiliser pour ce qu’elle est, un point d’ancrage pratique pour explorer l’Oberland bernois, c’est probablement la meilleure façon d’en repartir satisfait.
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